04
août 2016

Porte-parole de campagne : maximiser sa mobilisation et son implication

Paysage

Deuxième billet d'une série de deux.

Tel qu’expliqué dans le billet précédent, associer un porte‐parole* à une campagne majeure de financement est une stratégie de communication qui permet de créer un lien fort entre un organisme, ses donateurs et le grand public. En effet, le porte-parole agit comme ambassadeur de la cause, prêtant son image et sa notoriété à l’organisation, dans le but de faire parler de la campagne et inciter les différents publics cibles à faire un don.

Se doter d’un porte-parole qui s’accorde parfaitement à la cause est un gros atout. Mais une fois que le porte-parole de la campagne a été identifié, approché et qu'il a accepté de jouer ce rôle, le travail n’est pas terminé… il vient tout juste de commencer!

L’importance de la formation

Même si son intérêt pour la cause est déjà très fort, il est essentiel de former le porte-parole aux différentes facettes de l’organisme. Ainsi, une rencontre avec le directeur général, la remise de documents informatifs et une visite des installations peuvent bonifier ses connaissances. Prévoir une rencontre avec les bénévoles et les bénéficiaires peut aussi être judicieux ; cela risque de faire vibrer sa corde sensible et l’inciter à vouloir s’engager davantage. Dans le même état d’esprit, il faut s’assurer d’être transparent avec lui : s’il y a une problématique connue en lien avec la fondation ou l’organisme, ou qui risque éventuellement de faire la manchette, il est important de mettre le porte-parole au courant de la situation. Il saura ainsi quoi répondre s’il s'y voit confronté, et ses différentes actions et interventions dans les médias et auprès des différents publics cibles seront facilitées.

Préparation avant une entrevue

Avant de s’adresser à un média, le porte-parole doit être bien préparé. Pour l’outiller, le directeur ou le responsable des communications de l’organisme peut lui remettre des documents de préparation. Aussi, avant chaque entrevue, il est pertinent de le « brieffer » en lui présentant un portrait du journaliste et l’angle de l’entrevue. Le porte-parole pourrait aussi souhaiter être accompagné lors de ses entrevues. En somme, compte tenu de l’aisance du porte-parole, l’organisme ne doit pas hésiter à bien l’épauler dans le cadre de ses interventions médiatiques.

Proposer sans forcer

La majeure partie du temps, le porte-parole s’implique de façon bénévole. Sa participation aux activités liées à la campagne majeure est donc volontaire, mais toujours grandement appréciée. Pour ces raisons, il ne faut pas hésiter à l’inviter aux événements de la campagne et de l’organisme en tant que tel (ex. : réunions du cabinet de campagne, activités-bénéfice, assemblée générale). L’idée est de lui proposer de s’impliquer davantage, sans insister, en considérant ses limites et en acceptant ses contraintes de temps dû à son horaire possiblement très chargé.

User de créativité

L’implication du porte-parole peut prendre plusieurs formes : à l’aide de photos ou de témoignages dans les outils promotionnels (ex. : publicités, affiches, bannières) et dans les outils de sollicitation auprès des donateurs potentiels, en tant qu’animateur de l’événement de lancement de campagne majeure, en participant aux activités-bénéfice, en donnant des entrevues aux médias et plus encore. L’organisme ne doit pas hésiter à faire preuve de créativité, en lui proposant par exemple de participer à des vidéos promotionnelles, mettre son image sur les documents officiels, animer une visite guidée pour des donateurs potentiels ou enregistrer un message de sollicitation téléphonique. De plus, comme le porte-parole a généralement de l’expérience avec l’image et le grand public, lui proposer de prendre part au processus de réflexion et de création des stratégies de communication peut s’avérer profitable.

Optimiser sa présence médiatique

La présence du porte-parole à l’événement de lancement et de clôture de campagne est fortement recommandée, car il pourra prendre la parole et parler de ses motivations à s’impliquer, tout en agissant comme effet de levier pour rallier le grand public à la cause. Il pourra aussi prendre part à des séances photo, accorder des entrevues dans les médias et même participer à une tournée médiatique. En dehors de ces deux événements, le porte-parole pourra parler de son implication au sein de l’organisation via ses tribunes (ex. : sur ses réseaux sociaux et dans les entrevues données aux médias dans le cadre de ses activités professionnelles). Ces possibilités constituent des avantages indirects permettant une grande visibilité à l’organisme à peu ou pas de frais, et, pour ces raisons, un porte-parole qui a une bonne présence médiatique est préférable. Qui sait, peut-être qu'avec une bonne dose de visibilité, sa candidature pourrait être retenue pour les Prix du dépassement Métro, qui souligne l'engagement social des artistes lors des grands galas artistiques?

Une relation à entretenir

Une campagne majeure prend place sur plusieurs années. Pour garder le porte-parole mobilisé, il ne faut pas hésiter à entretenir la relation établie avec lui tout au long de cette campagne, de manière périodique. Que ce soit par courriel, par téléphone, ou même par des rencontres sur l’heure du lunch, il est important de tenir son porte-parole informé des développements de la campagne et de l’avancement des projets. Il aimera être inclus dans le processus, et cela risque d’augmenter son sentiment d’appartenance et son désir d’implication.

Implication à long terme?

Si le porte-parole de la campagne est excellent, pourrait-il devenir le porte-parole de l’organisme? Pourquoi pas! Ayant son image déjà associée à la cause, la table est mise pour aller de l’avant et qu’il joue un rôle encore plus important. Il est toutefois préférable de rédiger une entente claire qui précise la durée de l'implication (3 ou 5 ans, par exemple), afin de minimiser les risques d'être aux prises avec un porte-parole qui ne remplit plus aussi bien son rôle qu'au tout début. Ce risque peut être dû à différentes raisons, comme une perte d'intérêt envers la cause ou une baisse de popularité dans la sphère artistique, par exemple.

Associer un porte-parole à sa compagne majeure de financement est une bonne stratégie. Néanmoins, une personnalité publique ne devient pas porte-parole et ambassadrice d’un organisme du jour au lendemain. Elle aura besoin de formation, de préparation et d’encadrement tout au long de la campagne. C’est donc un travail d’équipe, qui demande du temps et de l’énergie, mais qui peut s’avérer fructueux!

* : Dans ce billet, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte.

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